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26 mai 2026
La réponse ministérielle du 24 mars 2026 vient de trancher un débat crucial pour des milliers d'investisseurs LMNP au régime réel. Non seulement les amortissements déduits depuis le 1er janvier 2025 seront réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable en cas de revente, mais tous les amortissements pratiqués depuis l'origine du bien le seront aussi, quelle que soit l'année à laquelle ils ont été déduits. Si vous détenez un meublé depuis 10 ou 15 ans et que vous envisagez de le vendre, la note fiscale pourrait être bien plus lourde que prévu. Voici ce que cela signifie concrètement pour votre stratégie patrimoniale, et ce que vous pouvez activer dès maintenant pour limiter l'impact.
Avant la réforme, le statut LMNP au régime réel offrait un double avantage rare. Pendant la période de location, vous pouviez amortir le bien (hors terrain) et déduire ces amortissements de vos revenus locatifs, ce qui réduisait fortement votre impôt chaque année. Et lors de la revente, la plus-value était calculée selon le régime des particuliers, sans tenir compte des amortissements déjà déduits. Avant la loi de finances pour 2025, les bailleurs non professionnels pouvaient amortir le bien loué sans que ces déductions n'affectent la plus-value imposable lors de la cession.
L'article 84 de la loi de finances pour 2025 du 14 février 2025 aligne le calcul des plus-values des LMNP sur celui des loueurs professionnels (LMP). La réforme met fin à cette asymétrie : les amortissements déduits viennent diminuer la valeur d'acquisition retenue pour calculer la plus-value brute. En pratique, la nouvelle formule est la suivante : Plus-value brute = Prix de cession moins (Prix d'acquisition moins Amortissements déduits).
Dès l'entrée en vigueur de la réforme, une question majeure divisait les praticiens : la réintégration visait-elle uniquement les amortissements pratiqués à partir de 2025, ou bien tous ceux déduits depuis l'acquisition du bien ? Une récente réponse ministérielle publiée le 24 mars 2026 clarifie le champ d'application de la réforme. Contrairement aux attentes d'une partie des praticiens, la réintégration des amortissements ne se limite pas à ceux pratiqués depuis 2025 : elle vise aussi les amortissements antérieurs (Réponse Mette, question n°10097, publiée au JOAN le 24 mars 2026).
Le régime issu de la loi de finances pour 2025 s'applique aux cessions de biens immobiliers réalisées à compter du lendemain de sa promulgation, quelle que soit la date de mise en location du bien. Ainsi, sous réserve de l'application des abattements pour durée de détention, l'ensemble des amortissements déduits pendant la période de location du bien cédé seront pris en compte dans le calcul de la plus-value. Ces précisions figureront dans les commentaires de la réforme dans le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP).
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Prenons un bien acquis 200 000 euros, loué en LMNP au régime réel depuis 10 ans. Vous avez déduit 60 000 euros d'amortissements immobiliers. Vous revendez le bien 250 000 euros. Avant la réforme, avec 15 000 euros de frais d'acquisition et 30 000 euros de forfait travaux, votre plus-value brute aurait été d'environ 5 000 euros. Avec la réintégration des 60 000 euros d'amortissements immobiliers, la plus-value brute grimpe à 65 000 euros. L'impôt sur la plus-value (19 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux, soit 36,2 % avant abattements) s'applique sur cette base bien plus élevée.
Sur dix ans de détention et 60 000 euros amortis, la plus-value imposable augmente d'autant. Et pour un investisseur qui détient son bien depuis 15 ou 20 ans, le choc vient surtout du fait que les amortissements antérieurs à 2025 entrent dans le calcul puisque la vente intervient après le 15 février 2025. Attention également : avec la réintégration des amortissements, des investisseurs qui auraient eu une plus-value nette de 40 000 euros (sous le seuil) peuvent se retrouver à 80 000 euros, déclenchant une surtaxe de 6 %, soit 4 800 euros supplémentaires.
"Vendre un bien LMNP après des années d'amortissements sans avoir anticipé la réintégration, c'est découvrir une facture fiscale multipliée par 10 le jour de la signature chez le notaire."
Reformulation éditoriale à titre pédagogique
Votre rôle conseil devient encore plus stratégique. Vos clients propriétaires qui gèrent leur bien en LMNP au régime réel vont se retrouver face à des décisions patrimoniales majeures. Certains envisageront de vendre, d'autres de conserver plus longtemps. Dans les deux cas, ils ont besoin d'un interlocuteur de confiance pour évaluer les options.
Anticipez les questions de vos clients dès maintenant. Si un propriétaire gère son bien via votre conciergerie et envisage une revente dans les 2 à 5 prochaines années, c'est le moment d'orienter la conversation sur la simulation fiscale. Un calcul rapide des amortissements cumulés permettra d'évaluer l'impact réel et d'adapter la stratégie.
Les exceptions à connaître. Les résidences étudiantes, seniors et EHPAD sont expressément exonérées de la réintégration des amortissements. Les LMNP au micro-BIC ne sont pas concernés par la réintégration des amortissements dans les plus-values à la revente. Vérifiez le statut exact de chaque bien avant toute simulation.
La réforme ne remet pas en question l'intérêt du LMNP au régime réel sur la durée. L'amortissement reste intéressant dans la grande majorité des cas : l'avantage fiscal annuel (déduction des loyers imposables) dépasse le surcoût à la revente, surtout pour les détentions longues de plus de 15 ans. Mais la stratégie de revente doit être repensée entièrement.
Voici les leviers concrets à activer immédiatement :